Guerre trop longue et graviers trop lourds.
[ Déjà si j'arrêtais de me battre pour des causes perdues. ]
Lutter seulement contre moi-même. Bien plus dur qu'il n'y parait.
Je crois manquer de courage.
Une cigarette. Paradoxalement, mes poumons se dégagent.
La nicotine parcourt mon sang et mes muscles se décontractent.
Légèreté.
Ton visage se relâche. Je sais que tu n'aime pas ça.
Une clope ne vaut pas le prix de ta distance. Ni l'odeur qui m'enveloppe.
Nos pas résonnent sur les pavés et ta distance me saigne d'avantage.
[ Souris. Ne montre pas ta faiblesse. ]
Je me dis que c'est mieux parce qu'il faut que je me détache.
Je remarque que si tu t'éloigne ne serait-ce qu'un peu, j'ai mal... Trop mal.
Le bus passe devant nos yeux. Tant pis. 2O minutes d'attente en silence.
Des minutes beaucoup trop longues. Je n'ai pas la force de te regarder.
Je me concentre sur les feux de la ville. Les voitures qui passent et le reflet du tram dans la vitre de l'abribus.
C'est beau. J'aime Bruxelles. Je m'y sens bien.
Un peu trop seule sans toi, mais bien quand même.
La solitude y est moins lourde. Les graviers aussi.
Ma guerre continue, transparente mais présente. Je n'ai pas fini de manquer de courage.
Pas fini de saigner. Pas fini de te faire du mal.
[ Vas t'en jouer dans les ordures, j'ai plus de force pour aujourd'hui. ]